Eufor Philemis: la nouvelle opération de l’UE ?

(BRUXELLES2) à 40° à l’ombre dans la République de Fontinalys, une presqu’île en zone saharienne, la tension monte…

Dans cette zone secouée de plusieurs conflits ces dernières années, les forces européennes ont, de nouveau, été appelées à la rescousse pour veiller à la stabilisation de la région, à la veille des premières élections démocratiques, et permettre le bon déroulement des opérations humanitaires.

Le processus de paix reste, en effet, précaire : des chefs de guerre s’affrontent sur fond de commerce illégal de matières précieuses. Les projets de reconstruction économique menées par l’Union européenne sont menacés. Le retour de certains réfugiés des pays voisins est lui-même facteur de déstabilisation.

L’Union européenne déclenche alors  l’opération « Eufor Philemis». Le battle-group franco allemand (renforcé d’éléments espagnols, belges et luxembourgeois) est déclenché…

L’appui aérien est fourni par l’Allemagne – avions stratégiques (Airbus) puis tactiques (Transall, Tornado) pour amener les troupes au plus près et hélicoptères de transport type UH1 ou Bell 105. Les Français fournissent l’appui maritime. Originalité de l’opération : elle associe également des policiers (allemand, belge, espagnol).

Première tâche des forces déployées : il faut installer le PC de la force (le FHQ en jargon militaire), et le protéger. Basé d’ordinaire à Ulm (sud ouest de l’Allemagne), il est déployé au plus près du terrain sous tente. Cartes à l’appui. On y retrouve toute les fonctions d’un l’état major : de la planification et réaction des troupes au service financier (le J8), en passant par le planning aérien (le J4), les actions civilomilitaires (Cimic) ou le conseiller politique…

Sacré personnage, ce conseiller politique, ou Polad pour les intimes (Political adviser). Mi civil, mi militaire, vieux briscard des mouvements ethniques et adepte de l’information tout azimut, le « Polad » a un rôle clé. C’est à lui de conseiller le chef d’opération sur l’évolution du terrain politique, de prendre contact avec les responsables politiques, de gouvernements, pour sentir le pouls, faciliter
le déclenchement d’une action ou au contraire attirer l’attention des militaires sur son danger…

Il faut aussi veiller en permanence aux bombes placées volontairement ou aux restes des précédents conflits. L’action du déminage est donc permanente (comme le prouve cette carte).

Vous l’aurez sans doute compris, ceci n’est pas véridique… Enfin, pas vraiment !

 Il s’agit en fait d’un exercice organisé fin mai, « European Endeavour 2008 », au camp d’Heuberg (sud ouest de l’Allemagne) pour parfaire la formation du Battlegroup – la force légère de réaction rapide de l’Union européenne (qui sera de permanence au 2e semestre 2008). Exercice auquel quelques journalistes étaient conviés, avec l’ensemble des représentants militaires des ambassadeurs auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Et organisé à partir d’un scénario, très bien pensé, et inspiré de situations passées (Afghanistan, Congo…) réalisé par une ONG canadienne spécialiste dans la formation des forces de maintien de la paix…

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).