Kosovo : l’Europe déploie 2000 policiers et magistrats

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(BRUXELLES2) « C’est l’acte le plus important que nous ayons pu faire. Et nous étions unis pour cela ». Voilà comment Dimitrij Rupel, le Ministre slovène des affaires étrangères, qui préside actuellement l’Union européenne, a commenté, le 18 février, la mission « Etat de droit » que l’Europe a décidé de lancer au Kosovo.

Une opération exceptionnelle de par son ampleur. Plus de 2000 policiers, magistrats, douaniers vont prendre en charge un territoire grand comme un ou deux départements français. Ils auront
pour tâche « d’assister » les institutions du Kosovo dans la recherche de la stabilité, en « développant et renforçant un système « multiethnique » et « indépendant » de justice, de police et de douanes. Une unité spéciale, d’environ 500 hommes, constituée notamment de gendarmes français et de carabinieri italiens aura en charge plus spécifiquement le contrôle des foules. De façon graduelle, ils vont ainsi remplacer les effectifs déployés sous les couleurs de l’ONU depuis 1999. La passation officielle de flambeau – entre l’Europe et l’Onu – devrait avoir lieu le 15 juin prochain.

Le mandat d’action de cette mission sera très large, plus large que jamais aucune mission européenne n’a eu. Il donne, en effet, le droit dans certaines situations à son commandant, le général Français Yves de Kermabon, de revoir ou d’annuler les décisions des institutions du Kosovo. De fait, le nouvel Etat indépendant sera placé sous une surveillance, pour ne pas dire une tutelle européenne.

L’unité des 27 – vantée par le ministre slovène – n’est pas qu’une façade diplomatique. Tous les Etats membres ont, en effet, approuvé cette mission et y participeront, y compris les plus réticents à l’indépendance (Chypre, Espagne, Slovaquie, Roumanie…). Seul Malte fera défaut, en fait surtout pour des raisons d’effectifs. La Suisse, comme la Turquie ont aussi annoncé leur participation, tout comme les Etats-Unis. Ce qui est, aussi, une première : voir des Américains sous commandement d’une bannière bleue à étoiles, ne s’est jamais vraiment produit !

(NGV)