Le commandement de la « PESD » Tchad se met en place

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(BRUXELLES2) Le général irlandais Patrick Nash qui commandera la force européenne déployée au Tchad et en République centrafricaine, en complément de la Mission des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (Minuad), sera présent à Bruxelles cette semaine pour une première prise de contact, avant la conférence de génération de force, proprement dite. Si la France fournira l’essentiel de l’effectif humain, les engagements pris –2500 hommes — ne sont plus très loin des 3-4000 hommes nécessaires. Les Etats membres participant à l’opération devront également contribuer au financement de l’opération, en plus du budget commun de près de 100 millions d’euros (voir article ci-contre). Le coût total de l opération pourrait ainsi avoisiner (hommes et matériel) le milliard d’euros, dont une grande part (400 à 500 millions d’euros) consacrée aux dépenses logistiques, due à la situation excentrée du théâtre d’opération et l’absence de structures d’accueil adéquates.

Quartier-général

Le quartier-général de l’opération sera situé au Mont Valérien (Suresnes) près de Paris. La France est en effet un dans cinq pays de l’UE (Allemagne, Grèce, Italie et Royaume-Uni) à avoir mis en place un quartier général de commandement rapidement « internationalisable » pour une opération militaire de l’UE. Après avoir utilisé, lors de l’opération Artémis (Congo), un PC situé au sein de l’état-major national des armées (sur l’ilôt Saint-Germain), la France a préféré en effet mettre en place une capacité de commandement stratégique, totalement dédiée aux opérations de l’UE et clairement séparée des chaînes de commandement multinationales et nationales. Le « bâtiment 18 » du site du Mont Valérien est ainsi, équipé pour accueillir dans la durée les membres désignés de l’état-major. 80 officiers y sont déjà affectés, l’effectif pouvant atteindre 350 hommes au point fort de l’opération.

Un commandement combiné franco-irlandais

Le général Nash sera basé au quartier-général français. Entré au corps de cavalerie en septembre 1966, il a servi à plusieurs postes au commandement Sud Irlandais jusqu’en 1994. Il est nommé, en juin 2000, directeur de l’administration des forces de défense, responsable de la planification, puis général de brigade en 2002, et devient en 2004 responsable adjoint des opérations. Il a servi à Chypre en 1967, à trois reprises au Liban en 1983, 1992 et 1999 (Finul) et en Bosnie en 1996 au quartier général de la mission de surveillance de l’UE (UEMM).

Le commandement opérationnel, sur le terrain, sera assuré par le général français Jean-Philippe Ganascia. Né en 1953, sorti en 1977 de l’académie de Saint-Cyr (l’école française de formation des officiers), il a commencé sa carrière dans les parachutistes (1978-1989), puis à la Légion étrangère (1994-1999), avant de servir au commandement de l’armée de terre (1999-2003) et rejoindre l’Etat-major de force et d’entraînement interarmées comme officier général adjoint.

(paru dans Europolitique, octobre 2007)