Face aux catastrophes naturelles, doter l’Europe d’une force de frappe

(B2) Rassembler près d’une cinquantaine de ministres autour de la table, sur la catastrophe asiatique. Tel était le symbole de solidarité, et le principal objectif, de la réunion extraordinaire des Ministres des affaires étrangères et de la santé, auxquels assistaient plusieurs représentants des Nations-Unies (OMS, Unicef, Affaires humanitaires). Le « rôle central de l’ONU » a, bien évidemment, été mis en exergue. Et les 25 ont salué la volonté de la Commission européenne de dégager 450 millions d’euros supplémentaires sur le budget communautaire, en majeure partie destinée à la réhabilitation. « Une phase cruciale » a souligné le commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel. D’autres actions pourraient voir le jour, notamment pour venir en aide aux communautés de pêcheurs, fortement touchées. Les 25 encouragent enfin la mise en place d’une solidarité de proximité, des jumelages entre les régions, les villes, les hôpitaux, les écoles. Mais l’ambition européenne est aussi de mieux s’organiser pour l’avenir. L’espagnol Javier Solana a ainsi été chargé de coordonner les moyens militaires d’intervention. Michel Barnier et Philippe Douste-Blazy, ont plaidé pour « une force d’intervention rapide de protection civile ». « Il ne faut pas créer une nouvelle structure — explique Michel Barnier, ardent promoteur de cette idée depuis des années — mais avoir à Bruxelles un petit Etat-major qui fasse la liaison entre les différentes forces de protection civile de chaque pays. Avec des secouristes entraînés à travailler ensemble et pouvant partir dans les 48 heures. (…) Il faut aussi que l’on vérifie si nos côtes, en Méditerranée et en Atlantique, sont bien dotés d’un mécanisme d’alerte comme dans le Pacifique » a-t-il ajouté. Puissent ces idées être mises en pratique avant la prochaine catastrophe…

(NGV)
(article paru dans Ouest-France 2004).