Tueries du brabant : sur la pistes des prédateurs

(archives B2) Dans l’affaire jamais élucidée des tueurs du Brabant, la police investigue aujourd’hui une nouvelle piste. Un portrait robot est diffusé ce soir.

Ce soir, la télévision belge va diffuser un nouveau portrait robot. Ce n’est pas la première fois que la cellule d’enquête spécifique constituée par la police fédérale sur les tueries du Brabant utilise ce moyen. Une quinzaine ont déjà été soumis à la sagacité des téléspectateurs, entre 1997 et 1998, par les enquêteurs de la « cellule de Jumet ». Sans résultat concret. Une prime de 247.894 euros (1,6 million de FF) est cependant offerte à toute personne qui fournira des informations conduisant à l’identification ou à l’arrestation des auteurs. Les enquêteurs se remettent à l’ouvrage. Ils croient à la piste du banditisme. Mais décident d’explorer de nouvelles voies.

Deux profileurs

Ils font appel à deux profileurs, deux spécialistes français du crime en série. L’un est en poste à l’hôpital Necker, l’autre un psychologue chargé du suivi en détention des criminels en série sont à l’œuvre depuis l’automne dernier. Leur rapport définitif n’a pas été encore remis. Mais certains éléments qu’ils ont déjà fourni permettent d’explorer une ultime voie. Celle du tueur psychopathe, impitoyable, qui n’a pas aucune peine ni remord à tuer, aidé de quelques comparses. Des « prédateurs » en quelque sorte… « Un groupe bien soudé, plutôt marginal, qui a agit seul, dans une optique criminelle » estime un des enquêteurs.

La piste politique

Pour autant, la piste politique n’est pas abandonnée. Rien n’exclut que ce groupe, qui opérait aux marges des frontières françaises et belges, aurait pu être téléguidé pour des intérêts terroristes… Un ultime portrait robot lancé fin octobre, à la télévision belge, s’est avéré particulièrement fructueux. Il a permis de localiser les recherches, près de la frontière franco-belge, dans un triangle Charleroi-Thuin-Lobbes. Et de susciter de nouveaux témoignages. L’un d’entre eux, particulièrement tardif, a permis aux enquêteurs de compléter le puzzle de la Golf, ce fameux véhicule au centre de plusieurs hold-up (lire ci-dessous). Un nouveau portrait-robot sera donc diffusé, aujourd’hui, dans l’émission « Appel à témoins » sur la télévision belge. L’équipe d’enquêteurs pourrait même reprendre les portraits robot du tueur et de ses complices. Pour, enfin terminer, une enquête vieille de vingt ans…

Nicolas Gros-Verheyde (à Bruxelles)
article publié dans France-Soir, janvier 2003

Lire aussi : Une folie meurtrière : 28 morts