Un « Grand miroir » pour refléter la réalité

(B2) Si le salon du livre est consacré aux « lettres flamandes », comment faire l’impasse sur les livres qui se préparent à Bruxelles, capitale proclamée des provinces du nord de la Belgique. A côté des éditeurs porteurs de la littérature néerlandaise contemporaine (Castor Astral, Labor, Actes sud…), nous avons donc préféré partir à la rencontre d’un jeune éditeur… francophone. Un pied de nez symbolique. Que nos amis belges ne nous en veuillent pas ! Mais « Le Grand miroir » – présent sur ce salon – mérite le détour. Nouveau venu sur le marché – ce qui est assez rare pour le souligner – il développe une littérature talentueuse. Créée par un tout jeune écrivain Stéphane Lambert, il y a un peu plus d’un an, avec la complicité, et l’aide, de Luc Pire des éditions du même nom et Marc Philipson tenancier de la librairie Filigranes, un endroit où il fait bon flâner, même le dimanche ou à 7 h du matin, la maison « Grand Miroir » reflète cette triple passion de la lecture. « Nous avons voulu, explique Stéphane Lambert, « offrir des petits textes, faciles à emporter, à lire, en format carré au départ pour avoir un prix abordable entre poche et présentation classique ». Des romans donc de prime abord. De ‘L’auberge espagnole et autres histoires belges » d’Alain Berenboom aux « Ours n’ont pas de problème de parking » de Nicolas Ancion à «  »Grégoire et le téléphone portable » de Laurent de Graeve, tous ces textes cultivent une différence, légère comme un blanc d’œuf monté en neige. « Notre force est de ne pas avoir d’école, de repères – explique Stéphane Lambert – de ne pas être écrasé par la tradition. Nous avançons à tâtons. Ce qui donne des styles personnels, plus singuliers. » Grand Miroir compte également une collection d’essais « Panorama ». « Etre éditeur est une forme d’engagement, un moyen, un véhicule de pensée et d’idées, il serait dommage de ne pas l’utiliser » plaide Stéphane Lambert. Un pari réussi avec le passionnant ouvrage de Marc Uyttendaele : « La Belgique racontée à Noa ». Cet avocat et professeur d’université nous offre à comprendre cette terre de paradoxe, écartelée entre les cultures flamande et française, et tout à la fois créative et imaginative pour continuer à vivre ensemble… Un modèle pour les pays en conflit !

Nicolas Gros-Verheyde © Témoignage Chrétien

En savoir plus : www.legrandmiroir.com

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).