La Belgique, base de recrutement et logistique pour le réseau Ben Laden ?

(archives B2 *) En Belgique, l’enquête continue de façon active. Le pays semble en effet avoir abrité une cellule de recrutement et logistique pour le réseau Ben Laden. Hier encore, plusieurs auditions étaient menées au cabinet du juge bruxellois Christian De Valkeneer. Six personnes sont actuellement sous mandat d’arrêt. « L’enquête se poursuit » précise-t-on côté judiciaire, où on nie que « la Belgique soit un centre nerveux. La justice y est peut-être plus active que dans d’autres pays… » nous confie une source proche de l’enquête.

Deux dossiers sont principalement ouverts

L’un concerne les passeports volés en 1999 dans les consulats belges à La Haye et à Strasbourg et dont deux ont été utilisés par les assassins du commandant Massoud. Fin novembre et courant décembre, une série de perquisitions avait été mené dans plusieurs endroits du pays (en région bruxelloise, à Mons et à Louvain), à l’issue duquel une dizaine de personnes avaient été arrêtées. Principalement dans les milieux tunisiens intégristes. Début janvier, les autorités néerlandaises ont livré à la Belgique un homme arrêté à Eindhoven (Pays-Bas).

Un deuxième dossier a été ouvert au parquet de Bruxelles sur la mouvance Takfir Wal Hijra, un mouvement d’origine égyptienne lié aux Moudjahidines arabes d’Afghanistan, groupe soupçonné d’avoir planifié des attentats en Europe contre des intérêts américains.

De nouveaux efforts prochainement

« Dans les prochaines semaines, nous allons déployer de nouvelles forces et d’autres efforts d’enquête pour connaître les islamistes actifs sur notre territoire », avait annoncé en décembre le directeur des services judiciaires, Glenn Audenaert. NB : Les deux personnes arrêtées en France l’ont été sur commission rogatoire délivrée par le juge d’instruction bruxellois.

Le réseau d’Ahmed Zaoui démantelé

Les recherches effectuées en Belgique sont le fruit d’efforts de recherches menées depuis le début des années 90′ en collaboration avec la Sûreté de l’Etat. Au cours de cette décennie, elles avaient déjà permis le démantèlement du réseau d’Ahmed Zaoui, de Farid Melouk et l’échange de renseignements lors de la campagne d’attentats islamistes lors de l’été 1995 en France.

C’est à cette époque que Tarek Maaroufi (1) avait été condamné à trois années de prison avec sursis, puis placé en résidence surveillée, dans le cadre d’un procès de membres d’un réseau lié au GIA algérien au cours duquel Ahmed Zaoui, un ancien parlementaire du FIS (Front islamique du Salut), un des leaders présumés du GIA en Europe, avait également comparu.

Un réseau de combattants belges pour Al Qaïda

Le quotidien francophone, La Libre Belgique, révèle aujourd’hui qu’une « petite dizaine » de ressortissants belges sont partis se battre en Afghanistan dans les rangs d’Al Qaïda. L’un d’entre eux serait Abd al Sattar, l’un des tueurs de Massoud. Selon notre confrère belge, « il faisait partie d’un groupe islamique radical tunisien très actif à Bruxelles. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Notes rédigées pour France-Soir

(1) Tarek Maaroufi est décrit par la presse belge comme un « personnage influent au sein de sa communauté où il est volontiers considéré comme un philosophe »

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).