Les coulisses d’un sommet

Fontaine et la présidence française

« Quand on préside l’Union européenne dans à moment aussi historique que celui de l’élargissement, on n’a pas le droit de gâcher une telle chance ». Lors d’un dîner avec des journalistes, Nicole Fontaine, la présidente du Parlement européen, n’a pas mâché ses mots pour demander à au président de la république et au premier ministre le sursaut indispensable pour que la France soit à la hauteur de la réforme institutionnelle de l’Union.

Contrôler l’information avant tout

Craignant par-dessus ces réunions européennes où n’importe quel journaliste peut tomber, au détour d’un couloir nez à nez avec un ministre ou un membre d’une délégation officielle, le Quai d’orsay, grand manitou de la présidence française, n’a pas lésiné. Délégations et presse ont été placées à bonne distance. Les unes au centre-ville, dans un casino au confort douillet ; les autres sur l’hippodrome sous de grandes tentes placées sous les pistes de l’aéroport local. Les délégations ministérielles n’étaient pourtant pas totalement gâtée. Fax et téléphone habituellement mis à disposition des diplomates présents aux séances, pour dialoguer avec le reste leurs troupes, logées dans des salles voisines, ont été supprimés. Objectif louable : « faciliter le dialogue entre chefs d’État » mais peu apprécié par certains diplomates européens.

Biarritz : un million de francs mais quelle pub !

Un million de francs c’est ce qu’a coûté l’organisation du sommet à la ville de Biarritz (personnels municipaux, réception…) ; l’État prenant la majeure partie des frais à sa charge. Une somme importante pour une telle cité. Mais à mettre au regard de la présence de centaines de journalistes et télévisions. Au prix de la minute de publicité, Biarritz s’est ainsi offert à moindre frais une bonne campagne.

Une cohabitation à la belge

Quand un Premier ministre belge vient à un sommet européen, il doit lui aussi « subir » une cohabitation… celle des langues. Équilibre linguistique oblige, il doit en effet dans ses discours publics alterner flamand et français. Redoutable exercice car il s’agit de retranscrire aussi fidèlement que possible la même idée dans les deux langues. Certains s’y perdraient…

(Nicolas Gros-Verheyde) Paru dans France-Soir, octobre 2000

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).